Interview avec le Dr Dario Giacomini

 

Le Dr. Dario Giacomini est le fondateur de Contiamoci, association à but non lucratif fondé pour défendre le citoyen italien contre la destruction de la Constitution et du système de santé publique. Il a joué un rôle important comme conseiller scientifique des dockers de Trieste en octobre 2021, alors que ceux-ci se sont révoltés contre le Green Pass et l’obligation vaccinale. Cet interview date du 17 janvier 2023 et est donc inédit.

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Interview et traduction : Mendelssohn Moses

Pouvez-vous présenter brièvement votre carrière ? Je crois comprendre que vous êtes Chef de service en radiologie près de Vicenza ?

Dario Giacomini : Je suis radiologue, ancien directeur de Radiologia Ovest de la province de Vicenza. Cependant suite à ma décision de désobéir à l’obligation de se faire injecter le « vaccin » dit anti-Covid-19, ma structure a été formellement dissoute d’un trait de plume administratif. À ce jour, je suis simple radiologue auprès de l’Hôpital de Noventa Vicentina (province de Vicenza).

Suite au Décret-Loi 44/2021 du printemps 2021, vous ainsi que des dizaines de milliers de soignants et médecins avez été suspendus pour refus d’obtempérer à l’obligation « vaccinale ».

Dario Giacomini : Avec l’entrée en vigueur de l’obligation vaccinale début avril 2021 j’ai impérativement voulu montrer la face, témoigner de ce qu’il y a encore debout des gens qui ne céderont pas à la violence du système par peur ou par convenance personnelle. Ce que j’ai ressenti comme une violence sans précédent historique, était l’interdiction de travailler imposée à ceux qui refusaient cette thérapie génique expérimentale. Chef de service à l’hôpital, depuis un an je me retrouvais à gérer l’infection (Covid-19 – ndlr) parmi les soignants. J’étais au premières loges pour voir à quel point le système italien est dépourvu face à une épidémie. On attendait des directives claires, des procédures permettant vérifier qui était positif, et surtout des équipements de protection individuelle. Tout ça, en sus de l’entassement de problèmes chroniques assaillant le service public de santé (Servizio Sanitario Nazionale), où il manque de personnel, où les lits sont éliminés, où les hôpitaux sont fermés et les investissements inexistants. La tempête parfaite, que l’on a cherché à faire porter d’abord par les soignants, au moyen du fameux DL 44/2021 puis, avec l’extension des mandats vaccinaux, par une majorité des citoyens. Un cache-sexe pour les politiciens, soucieux de dissimuler des erreurs de longue date. Cette analyse, comme la conscience que ce produit (les injections « anti-Covid- ndlr) avait été commercialisé sans que l’on ne dispose des données de sécurité concernant les effets secondaires éventuels sur le moyen et long terme, m’ont décidé de ne pas participer à la campagne vaccinale et de demander à mes collègues soignants de faire de même. Je reste persuadé que si ces derniers avaient été plus courageux, plus résolus que ce soit en Italie ou dans toute l’Europe, jamais les autorités n’auraient pu mettre en œuvre les mesures de coercition qui se sont ensuite répandues en tache d’huile.

En effet, à l’instar de feu le professeur Luc Montanier, vous êtes persuadé que ces produits sont des thérapies géniques expérimentales, abusivement qualifiées de « vaccins ». Est-ce exact ?

Dario Giacomini : Je plussoie ce qu’a dit le prof. Montanier. Sans que la communauté scientifique ne lui prête l’oreille, il avait averti contre les risques potentiels d’injecter ce produit à des milliards de gens. Les autorités ont tripoté la terminologie, en les accolant le titre de « vaccins », pour faire accepter partout au monde un produit qui, si on l’avait appelé de son vrai nom – thérapie génique expérimentale – aurait rencontré un mur de réticence voire de franche hostilité.

Le problème que l’on confronte désormais est que le terme « vaccin » est en train d’être outillé et appliqué à toutes ces thérapies à ARNm, censés prévenir n’importe quelle pathologie, même tumorale. Voyez-vous l’abysse s’ouvrir sous nos pieds ? En Italie même la FNOMCeO (Fédération nationale des Ordres de médecins) veut réviser le Code déontologique et interdire toute velléité de critique face à ce qui sera présentée sous le vocable « vaccin ». De sorte que l’on est en train de mettre un nœud coulant au cou des citoyens.

À l’avenir on imposera n’importe quelle thérapie sans pouvoir en débattre sur le plan scientifique et à l’écart de tout conflit d’intérêt, puisque le « vaccin » « fait du bien », n’est-ce pas ?

Ce système, mis en place dès 2020 pour se voir étendu en 2021 est un schéma à travers duquel les peuples sont voués à naviguer à vue d’état d’urgence en état d’urgence, mis en scène à dessin au cours de prochaines années. Du point de vue de ceux qui tiennent les rênes de pouvoir, quel meilleur moyen de faire danser les gens sur leur musique ? Dans le monde entier mais surtout en Occident, la démocratie est manifestement battue en brèche. Nous avons cédé des libertés fondamentales comme celle de choisir un traitement de santé, de s’exprimer, de faire de la recherche, de se déplacer (lockdown) et de travailler. Les démocraties occidentales sont en train de devenir un modèle d’autorité qui ressemble à la Chine, avec l’aide d’un déploiement massif de technologies de contrôle. On a bien vu le Green Pass se mettre dans toutes les interstices de la société, de façon obsessionnelle et punitive.

Dès le DL 44/2021, vous avez immédiatement fondé CONTIAMOCI, association de soignants à but non lucratif. Les objectifs de l’Association emportent un volet de solidarité entre suspendus, et un important volet juridique, de défense des droits constitutionnels, face au Green Pass et autres restrictions.

Pourriez-vous décrire les objectifs de l’Association ?

Dario Giacomini : Dès sa fondation l’Association ContiamoCi ! s’est opposée à ces mesures, pour défendre les droits constitutionnels et la liberté tant individuelle que collective. Le Système est en train de droguer nos enfants et la citoyenneté en général, privant les gens de leurs droits fondamentaux pour leur « rendre » quelques minimes libertés toutes personnelles et éphémères. On tente de poignarder au cœur notre modèle social, un modèle tissé de solidarité, travail, liberté dans la responsabilité et justice sociale.

Notre Association agit à travers des manifestations, conférences, débats, lettres aux institutions et aux mass-média, mais surtout, nous mettons en pratique la notion de « communauté solidaire » ; déjà, nous avons fait des dons à nos membres se trouvant dans la gêne de circa 260 000 euros. En chantier pour 2023, plusieurs grandes initiatives qui nous occuperont toute l’année.

En mai 2021, le gouvernement Draghi a également fait voter le Scudo penale, le bouclier pénal, censé « protéger » – certains diraient « déresponsabiliser » – les soignants vaccinateurs contre toute poursuite pénale en cas d’accident vaccinal. Le contenu de ce dispositif juridique est d’un cynisme inédit dans l’histoire du droit européen. Pourriez-vous nous en parler ?

Dario Giacomini : Le Décret-loi instaurant un « bouclier pénal » (immunité de toute poursuite – ndlr) pour les vaccinateurs, revient aucun doute à reconnaître que la campagne vaccinale a été – dans le meilleur des cas – mise en place alors que les connaissances concernant ces soi-disant « vaccins » anti-Covid-19 étaient fort lacunaires.

En un mot, les autorités sommaient un médecin d’injecter un produit, sans toutefois que celui-ci ne dispose d’informations sur sa pharmaco-kinétique ou pharmaco-dynamique, sur ses effets à moyen ou long terme, sur les interactions avec des états tels la grossesse ou la petite enfance, ou avec d’autres pathologies. À mon avis, ce n’est pas un hasard si en Italie la campagne vaccinale a été gérée par l’armée ! On a voulu une chaîne de commande et de gestion totalement imperméable au doute et à la critique. « Faîtes seulement ! Et sans poser de questions ! » Les médecins étaient la dernière roue de la carrosse, censés obtempérer à des ordres venus d’en haut tout en restant dans le noir concernant les effets éventuels sur le corps des sujets soumis à l’injection.

Ce, avec la soumission complice de la communauté scientifique nationale et des instances ordinales, qui n’ont pas cru bon de soulever le moindre doute sur cette gestion – sauf à exiger pour les médecins enrôlés dans la campagne une juste rémunération ainsi que le notoire bouclier pénal !

Le 20 novembre, alors que le Gouvernement Meloni avait déjà levé la suspension des soignants sanctionnés en 2021, l’Ordre des médecins de Turin a envoyé aux médecins supposément « non-vaccinés », une lettre recommandée (PEC), exigeant la réponse à des questions intrusives sur leurs choix scientifiques et de carrière, sous peine de poursuites disciplinaires. Où en sommes-nous avec cette lettre qui semblerait d’ailleurs être en violation de la loi ?

Dario Giacomini : Le Gouvernement de Mme Meloni a simplement fait ce que l’on aurait dû faire bien plus tôt. Abstraction faite des motifs avancés pour la réintégration des soignants non vaccinés et suspendus, motifs que nous ne partageons pas, le fait en soi est heureux. Des milliers de famille se débattant dans de graves difficultés économiques vont pouvoir respirer un peu.

Le Dr Anelli, président de la Federazione nazionale degli Ordini dei medici (FNOMCeO) a déclaré lors du Congrès de l’Ordre à Rome fin novembre, que le Code déontologique du médecin sera réformé en 2024, expressément afin de priver les médecins de toute liberté par rapport à l’opportunité des vaccins en général.

Dario Giacomini : ContiamoCi ! s’est exprimé dans la presse lorsque certaines instances ordinales, notamment celle de Turin, ont persisté dans la persécution. Même si l’affaire turinoise semble être retombée, la FNOMCeO cherche manifestement à brider toute confrontation, tout débat scientifique sur le thème « vaccins ».

Une pression qu’ils essayeront d’exercer au moyen d’une réforme du Code déontologique – mais nous les attendons de pied ferme. Nous n’accepterons pas qu’au moyen d’une utilisation impropre du terme « vaccin », on livre la profession médicale pieds et poings liés aux autorités politiques et aux sociétés pharmaceutiques. Car c’est là où tout ce dispositif est censé mener !

Faut-il dissoudre ces Ordres, qui sont manifestement à la botte de groupes financiers extérieurs à la médecine ?

Dario Giacomini : Le rôle des instances ordinales et l’opportunité de les dissoudre, est actuellement objet de débat. Il ne fait pas de doute ces instances se transforment aisément en lieu de pouvoir et surtout, sont amenées à se plier aux dictats officiels, tandis que leur mission qui est de défendre la profession, s’étiole ; leur dissolution serait donc souhaitable. Cependant une réforme radicale grâce à laquelle les instances ordinales deviendraient un lieu de débat libre et responsable des soignants, un lieu où formuler des propositions et projets à placer éventuellement devant les décideurs politiques, des instances qui défendraient tant le médecin que la médecine et surtout le patient, là on y serait favorable. Or, dès que le débat scientifique est évacué, il n’existe plus aucune garantie de santé pour le citoyen.

Vous avez été le conseiller scientifique de Stefano Puzzer, chef de file des dockers de Trieste refusant l’obligation vaccinale et le Green Pass. Le gouvernement italien a déployé la même brutalité contre les dockers que le gouvernement français contre les Gilets jaunes en 2018/2019 (26 personnes éborgnés, 6 mains coupées). Pouvez-vous nous parler de votre collaboration avec les dockers ?

Dario Giacomini : Avec Stefano Puzzer, il y eut une rencontre importante sur le plan humain, et ces jours tumultueux à Trieste, auraient pu déboucher sur un changement historique décisif – mais l’occasion a été ratée. Il y avait alors un syntonie entre les soignants et le peuple, un accord entre un vacciné – Stefano – et un non-vacciné, moi-même – qui se battaient pour la liberté de choisir un traitement et la liberté de travailler.

En fin de compte nous n’avons pu aller jusqu’au bout, car les gens ont manqué de courage. Il n’aurait jamais fallu annuler la manifestation programmée pour le samedi lorsque le ministre devait venir à Trieste. Cette faille a permis aux autorités de briser l’unité qui régnait dans les rues et d’empêcher l’émergence d’un nouveau moment unique où des centaines de miliers de gens unis sur une seule place publique exigeraient le retrait de toutes les mesures liberticides.

Partout en Italie, des médecins tels Carlo Giraldi à Lucca ou ceux d’IPPOCRATEOrg s’organisent pour prodiguer des soins aux accidentés par ces vaccins. Ils sont submergés d’appels. Est-ce CONTIAMOCI a des contacts avec ces centres ? Avez-vous pu commencer à identifier des pistes de recherche sur comment contrer les effets secondaires ?

Dario Giacomini : Ainsi que d’autres collègues soignants, ContiamoCi ! se démène pour tenter d’aider les très nombreux citoyens accidentés par les « vaccins ». Pour ma part, je ne sais pas encore par quels procédés nous allons pouvoir les aider à résoudre tous ces problèmes de santé dont ils souffrent. Le premier pas, est qu’il faut les écouter, s’en occuper, et les suivre – ce à quoi ont droit tous les patients. Il ne faudrait pas se focaliser exclusivement sur les accidentés des vaccins ! Il nous faut continuer à examiner tous les patients avec l’attention, le dévouement et la compétence que nous avons toujours cherché à prodiguer. Au fond, c’est aussi ce que souhaitent les accidentés des « vaccins » : avoir droit aux mêmes soins que tout autre malade. Il ne faut pas jeter les malades les uns contre les autres ! Chacun mérite le même dévouement de notre part. Tout dans notre service de santé publique national est à refaire et ContiamoCi ! S’y engage. Car ce qui a disparu dans cette affaire, c’est d’une part le droit à être soigné, et d’autre part, la crédibilité des soignants et de la médecine.

Mendelssohn Moses



 
 

 

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