par Bruno Bertez

En réponse à notre lecteur SEB :

Bullard vient de faire son bad cop et nous envoie dans le zig
Breaking : Fed’s Bullard indicates in a chart that interest rates may need to get at least to 5%, and as high as 7%, to be sufficiently restrictive
Ne doutez pas de l’arrivée prochaine du good cop

Ma réponse.

ll faut insister et analyser, fouiller comprendre en profondeur ce qui est en jeu.

Il faut mettre à jour les outils utilisés par les autorités, leurs structure de pensée et leurs illusions.

Il faut le faire sans relache car la vraie crise c’est la crise de la pensée : la pensée théorique utilisée en Occident est fausse, archi fausse et c’est elle qui nous conduit à la catastrophe.

La pensée théorique occidentale est dualiste, au sens ou elle sépare le réel de son intelligibilité et relativise tout.

Cette pensée prend l’homme pour Dieu. Elle disjoint. Elle nie les référents objectifs.

À l’inverse de la pensée matérialiste qui, elle est moniste.

La pensée Russe ou Chinoise est plus proche du matérialisme mais c’est nuancé.

La pensée occidentale pousse à l’extrême les vices de la pensée spiritualiste archaique qui en arrive à se persuader que le réel n’existe pas ! On y retrouve les illusions de toute puissance des enfants.

L’occidental est proche de l’enfant-roi. c’est d’ailleurs ainsi qu’il élève ses enfants : comme des princes. L’assistanat est d’ailleurs maintenant généralisé !

C’est une consequence du capitalisme qui disjoint la production de l’effort et du travail. L’exploitation du travail des autres produit une culture d’enfants-rois.

Dans nos sociétés on sait de moins en moins ce que veut dire produire.

L’esprit occidental n’est pas matérialiste, il n’est pas ancré, il est suspendu dans les airs comme sa monnaie. Le langage, la parole est d’argent !

La pensée occidentale est merveillement résumée par cette affirmation princeps :

le réel n’est rien, les perceptions sont tout.

Cette affirmation s’applique à tous nos domaines et ce n’est pas un hasard si elle s’applique aussi bien à la valeur, la monnaie, les jugememst, les opinions, les élections, le genre, etc

Cette affirmation s’applique même à la guerre en cours, il suffit de propagander et l’Ukraine gagne. On verra si cette propagande suffira à chauffer les foyers européens cet hiver !

C’est une affirmation prométhéenne, démiurgique qui conduit à la surestimation des gouvernants et à la sacralisation de leurs actions et propos par les citoyens imbéciles transformés en croyants de la religion moderniste du progrès.

Les autorités, les élites ont compris et assimilé le fait que les marchés n’ont aucune conviction, aucun point de repère, qu ils sont sans autre boussole que celle fournie par les autorités monétaires, les TBTF et les médias qui les aident. Tout cela c’est le nouveau clergé ! Quelle regression !

Si les marchés n’ont plus aucune conviction ou repère, ils sont desancrés ce qui veut dire qu’ils sont comme des bouchons sur les flots, ils flottent au gré des courants et des vents.

Les vents ce sont les propos des gouverneurs et les courants ce sont les données auxquelles ils se réfèrent pour naviguer; étant posée la question de savoir si ces données sont bonnes, mais c’est une autre histoire.

Ce que l’on voit donc, ce qu’il nous est donné de voir c’est la résultante de l’action d’un coté des courants et de l’autre des vents qui sont souflés.

Contrairement à ce que pensent les élites impériales, elles ne créent pas la réalité non, surtout pas, mais en revanche elles ont le pouvoir par leurs paroles, par leurs effets de langage de créer la notre. Notre imaginaire.

« Nous sommes un Empire, nous créons la réalite et vous vous adaptez, mais lorsque vous vous y êtes adaptés déja nous avons créé une nouvelle réalite », c’est la déclaration complète de l’époque.

C’est une déclaration de pure domination, de mise en esclavage.

Le défi noble, n’est pas de créer la réalité des observateurs et de les déjouer, non cela est maintenant facile et cela a été bien exploré, non le défi c’est de piloter en même temps la réalité que constitue le marché et la réalité objective que constitue la situation économique et financière.

La faille n’est pas entre les autorités et les observateurs, les observateurs sont matés et asservis, elle est entre la nouvelle réalité ainsi créée et la réalité objective qui a ses propres lois.

source : Bruno Bertez



De/Von Yves Polynice