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Les crimes de guerre de l’OTAN, en Libye (rapport)…
Publié le 28 janvier 2012 par stephel

Les crimes de guerre de l’OTAN, en Libye (rapport)…
Publié le 28 janvier 2012 par stephel
Un rapport, publié, la semaine dernière, par des groupes de défense des droits de l’Homme, au Moyen-Orient, décrit, dans le détail, les crimes de guerre commis par les États-Unis, l’OTAN, et leurs forces interposées «rebelles», lors de la guerre, en Libye, l’an dernier, qui a renversé le régime du colonel Mouammar Kadhafi.

Le rapport, intitulé, «Report of the Independent Civil Society Fact-Finding Mission to Libya», dévoile les résultats d’une enquête, menée, en novembre dernier, par l’Organisation arabe des droits de l’Homme, le Centre palestinien pour les droits de l’Homme, ainsi que l’ »International Legal Assistance Consortium ». Basé sur des interviews avec des victimes de crimes de guerre, des témoins et des représentants de la Libye, situés, à Tripoli, Zawiya, Sibrata, Khoms, Zlitan, Misrata, Tawergha et Syrte, le rapport appelle à une enquête, sur les attaques de zones civiles, par l’OTAN, lors desquelles de nombreuses personnes auraient été tuées ou blessées. Les bombes et les missiles de l’OTAN ont, entre autres, été dirigés contre des écoles, des bâtiments gouvernementaux, au moins, un entrepôt alimentaire et des maisons privées.
 

Le rapport révèle, aussi, l’emploi systématique du meurtre, de la torture, de l’expulsion et de l’abus contre de présumés loyalistes de Kadhafi, par les forces «rebelles» du Conseil national de transition (CNT), allié de l’OTAN. Il décrit l’expulsion, par la force, des habitants, majoritairement, noirs, de Tawergha, et la persécution, qui continue, à ce jour, des travailleurs migrants subsahariens, par les forces alliées au « CNT » et à son gouvernement de transition. Les enquêteurs font état que des prisonniers, détenus, sans avoir été accusés ou subi un procès, ont été, sauvagement, battus, à maintes reprises, et que des combattants pro-Kadhafi ont été, sommairement, exécutés.
 Des témoins ont rapporté que «des meurtres inconsidérés et de vengeance, y compris, le « massacre » d’anciens combattants (on leur aurait tranché la gorge)». Le rapport révèle, ainsi, le caractère frauduleux des prétextes de droits humains et de démocratie utilisés par les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne et leurs complices de l’OTAN, pour mener une guerre de conquête, de type colonial. Il montre, clairement, que la résolution 1.973 du Conseil de sécurité des Nations unies de mars dernier, qui a imposé à la Libye une zone d’exclusion aérienne et un embargo sur les armes, pour supposément protéger les civils d’actes répressifs de Mouammar Kadhafi, a été utilisée, en fait, pour mener une guerre aérienne impitoyable, coordonnée avec les forces «rebelles» au sol.
Le rapport indique que peu de temps après l’éclatement de manifestations anti-Kadhafi, à Benghazi, et dans d’autres villes, les forces d’opposition ont pu profiter d’un entraînement donné par les forces armées occidentales et d’armes fournies par les puissances de l’OTAN et ses alliés, parmi les États arabes. L’opposition populaire, qui a fait éruption, en février dernier, à la suite de la chute de Mubarak, en Égypte, a, rapidement, été récupérée par les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne et leurs agents, en Libye, afin de déclencher une guerre civile pro-impérialiste.
Comme le mentionne le rapport, «Selon des informations de première main recueillies par la Mission, et des sources secondaires, il semble que l’OTAN ait participé à ce que l’on pourrait qualifier d’actions offensives entreprises par les forces d’opposition, y compris, par exemple, des attaques sur des villes et villages contrôlés par les forces de Kadhafi. De même, le choix de certaines cibles, comme un entrepôt alimentaire régional, soulève, de prime abord, des doutes sur le rôle de telles attaques, quant à la protection des civils».
Le rapport ne rend qu’une version diffuse d’une violente attaque, dont le but principal était de ramener le pays 43 ans en arrière, aux conditions qui prévalaient, sous le régime du roi Idris, laquais des États-Unis et de la Grande-Bretagne, qui a donné le contrôle des ressources pétrolières du pays aux conglomérats américains et britanniques et permis aux deux puissances de maintenir d’importantes bases militaires, en territoire libyen. La destruction et la tuerie de masse, qui ont abouti à la démolition de Syrte et au lynchage de Kadhafi, ont rendu l’idée, défendue par l’ONU, d’une guerre pour «les droits de l’Homme» et la «protection des civils», non seulement, absurde, mais, surtout, obscène.
Le viol de la Libye a été la réaction de l’impérialisme américain et européen aux soulèvements révolutionnaires qui ont renversé de vieux régimes pro-Occident, en Tunisie et en Égypte, deux pays à la frontière de la Libye. Le but de cette guerre impérialiste était d’avoir le contrôle total des ressources en pétrole du pays, de détourner et de réprimer la croissance des luttes de la classe ouvrière, à travers l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, et de porter un coup à la Chine et à la Russie, qui avaient établi d’étroites relations économiques avec le régime de Kadhafi. La guerre a dévasté le pays.
Le « CNT », une coalition de dirigeants de l’ancien régime de Kadhafi, d’islamistes, dont certains, qui entretiennent des liens avec Al-Qaïda, et de gens, à la solde des agences de renseignement occidentales, estime lui-même que la guerre aurait fait 50.000 morts et blessé 50.000 personnes. La montée de conflits entre différentes factions, au sein du « CNT », pourrait bien mener à l’éruption d’une guerre civile entre milices rivales. Le week-end dernier, tandis que le Président du « CNT », Mustapha Abdel Jalil mettait en garde contre la possibilité d’une guerre civile, un groupe exigeant la démission du gouvernement de transition a pris d’assaut les quartiers généraux du « CNT » à Benghazi. Abdel Hafiz Ghoga, vice-Président du « CNT », a, rapidement, quitté son poste.
Le rapport sur les crimes de guerre des États-Unis et de l’OTAN révèle, encore, une fois, le rôle joué, par les partis «de gauche», les intellectuels et les universitaires, qui ont répété les prétextes de Washington et de l’OTAN, donnant, ainsi, un appui explicite ou implicite à la guerre, en Libye. Il souligne que ces forces, que ce soit les sociaux-démocrates, les Verts et des ex-staliniens, comme le parti La Gauche, en Allemagne, ou de faux radicaux, comme le Nouveau Parti anticapitaliste, en France, et l’International Socialist Organization, aux États-Unis, se sont rangées, dans le camp de l’impérialisme.

 

Résistance

Fanmi Lavalas

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